Dans le westphalia de Gégé, on s'est regardés avec résignation: il faudrait tous descendre et pousser la vanette jusqu'en haut de ce chemin, de cette pente. Le jour était presque tombé. Gégé est parti en marche arrière, pour tenter une dernière fois de lancer sa bête sur la montée. Là, je crois bien qu'on a prié tous les 4. Daniel, celui chez qui on allait pour la première fois, était déjà au delà de la colline. C'était étrange, ç'aurait pu être un mur après, toujours est-il qu'il nous a fallu faire rugir le moteur et lancer le wess comme une boule de pinball sur l'obstacle pentu d'une cinquantaine de pieds.
La poussée nous a fait gruger la moitié du chemin, puis on s'est mis a rouler, de plus en plus péniblement. 3 de nous sommes sortis pousser la vieille casserole mugissante pour les derniers tours de roues. Là le chemin s'enfonçait dans un bois clairsemé derrière lequel on devinait une étendue d'eau. Aux derniers reflets de bleu cobalt, entre chien et loup, le lac exhalait un linceul de brume. Personne ne parlait, on était scié par la beauté sauvage de tout ça.
Le chemin des bois vers le chalet de Daniel étant dangereux à la nuit tombée, nous sommes allés par bateau. La magie poignante, faite de dépaysement et de nature, est restée avec nous toute cette nuit là. Plus tard, nous étions au bord d'un immense feu à boire du vin, à fumer paisiblement. Je me souviens comme nous étions absolument, totalement, calmes et heureux. L'odeur...oh l'odeur du feu qui reste imprégnée dans les cheveux, les vêtements. Le bonheur.
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