jeudi 11 février 2010

Je suis passée au travers.
Les mois de décembre et janvier, j'ai dû mettre de côté band, plume, namour, cordialité colocative, ménage matériel et soupapes spirituelles. J'ai dû tirer la plogue sur tout et devenir une bête de prod. Dealer avec mon stress et celui des autres, jour après jour, jusqu'à ce week-end où tous ces efforts devaient porter fruit.

C'est un monde de business, avec lequel je n'ai rien à voir et c'est peut-être pour ça que je l'aborde avec un peu de fraîcheur. De bons commentaires sur mon travail. Petite fleur sur ces noeuds que je sens tout le long de mon dos, ma nuque est un overpass de béton.

Je me sens étrangement dépossédée et seule. L'énergie siphonnée jusqu'à la lie. Ça crée beaucoup de place, quand on se sent aussi vide: mon bel amour qui m'a tiré de ma torpeur un dimanche après-midi, pour qu'on aille voir l'exposition de Waterhouse au Musée des Beaux Arts...oh, comme ces images mélancoliques et puissantes m'ont touchée, j'avais tant besoin de beauté. Un dernier coup à donner et je décolle sur un vol de nuit mardi prochain retrouver ma mère...

Pourquoi elle fait 5'4 elle? ça donne lieu à des moments ridicules quand sa grande échalote a besoin de câlins, me tortiller ou bien trouver un divan pour me mettre à niveau...Elle a tout donné sa fibre maternelle quand j'étais enfant, il ne lui reste souvent qu'une vieille cravache qu'elle manie de plus en plus mollement pour me ramener à l'ordre, Et la clope Et les mecs Et trop de boulot...j'espère qu'elle va m'en faire un quand même, un tout petit là...de câlin...

J'ai hâte de retrouver mon chien mental. Je me sens fragile.

jeudi 4 février 2010

Cette prod du calvaire achève. P-F-I-OU. Point culminant ce week end de 8 mois de travail et 2 mois de folie pure et simple. Je m'éveille et je suis déjà fatiguée ces jours-ci. On a tous hâte que ce soit finito. Je vais décanter en Espagne dans 12 jours. J'ai vraiment hâte d'être dans l'avion!

lundi 1 février 2010




Dans cette cage thoracique, un oiseau angoissé qui grelotte parfois. En fin de semaine, j'ai senti ses efforts pour s'élever, la douleur quand sa fragile tête se cognait à un ciel d'acier. Captif de l'hiver, de mon peu d'exercice, et de cette impression d'un vaisseau qui s'éloigne. Tristesse dentelle qui s'étend sur ma peau.

La vérité est une voyageuse, elle ne se fixe jamais, il faut la suivre d'un pas vif. L'angoisse et la peine finissent par se taire, ces sales geignardes! et on redevient...goguenard. La plume d'un corbeau qui s'est envolé, enfin, me reste entre les doigts.