mercredi 9 mai 2012

Départ pour la Croatie dans 4 semaines...
les départs m’apaisent il faut croire, il me semble que tous ceux qui m'importent vont bien...à part peut-être cet ami qui croupi dans l'eau boueuse d'un gros chagrin d'amour.

Pour lui, il y a l'avant, nébuleux, ce temps où sa solitude était une chose acquise, bien gérée.  Puis vinrent ces quelques mois éclairés d'un soleil ardent, chauffant son corps et son cœur, qui le disposèrent à admettre de nouvelles possibilités. Le soleil a poursuivi sa course puisque rien ne se fixe. Le célibataire assumé d'il y a 2 ans, ce Bouddha bouquineur casanier, amant de popote et de grand cru, les traits de cet homme se sont creusés. Il s'est fait interrompre en plein repas, il crève de faim. Son resto favori est passé au feu...Métaphore branlante, certes, mais c'est que la rue est longue, et des saveurs surprenantes, il y en a tout plein...pour peu que l'on sorte de chez soi. Mon ami traîne sa gueule de vétéran au travail, de par les rues. On est tellement seul sous ce couvercle...

Que la vie te réchauffe, petit pote, je te souhaite ardemment de ne pas te laisser tomber. Et pourquoi on tient autant à offrir notre coeur à ceux qui n'en veulent pas? pour moi, ce temps est fini, enfin j'espère. Vive le "en rétrospective" et l'humour...bordel! Un jour la plaie se referme, les Mea-culpas se taisent et plutôt que de se mortifier une petite méchanceté nous aide à faire nos pas...du genre: "Non mais...quel con!", et dans son cas "Quelle conne!". Point barre, la vie est devant.

jeudi 29 mars 2012

Étrange, le deuil. Ça revient vous surprendre au tournant de l'insomnie, une détresse profonde, un manque, ce soir j'erre dans ma maison en prenant soin de marcher sur la pointe des pieds...On dort ici, c'est que.

Mon Ramone des derniers jours, lové dans ton corps malade, jusqu'à la fin tu es resté parmi nous, me démontrant jour après jour ta confiance. D'autres se seraient cachés pour souffrir penauds, pas toi. Ce soir la maison est pleine de tes silhouettes qui se couchait ici, s'étirait là...Tu t'endormais sur mes cuisses, si bien disposé - savamment - que tu ne pesait presque plus rien...Combien de temps a pris ce damné cancer à évoluer autant...Mon chat prescient, pardonne moi de t'avoir quitté juste avant l'injection, j'ai hurlé ta mort dans la bagnole, j'ai hurlé ma défaite, mon amour majeur, notre amitié jusqu'à la fin...

Les jours se remplissent de ce que j'y mets, du travail, des tâches routinières. Et puis tout à coup, je pense à toi, l'amour et la peine se livre une bataille et souvent (pardonne moi) c'est la noirceur qui l'emporte. Je veux penser à toi et sourire, on a été si proches. Mais ma douleur résiste, je me sens obscurément coupable de t'avoir mené à ta mort, dans une clinique laide, de la main d'un type qui finissait sa journée et voulait surement rentrer chez lui. On doit pas embêter les gens avec ça, les fantômes sont trop sacrés pour les éclairer de platitudes. Aimer beaucoup, souffrir beaucoup. Tu me manque.

lundi 16 janvier 2012

Ramone

L'année m'accueille avec un requiem, mon familier malade, un cancer moche que tout l'argent du monde (que je n'ai pas) ne pourrait sauver. Larmes amères, insomnie, et puis en serrant les dents, on est devant l'inévitable. Je dois lui donner des pilules qui un jour cesseront de faire effet. Et là le vrai courage, le vrai amour sera d'abréger ses souffrances. Profiter de chaque instant où il vient coller son petit nez noir contre ma main, arrêter tout quand cette merveille de la nature ronronne. Il est le plus chouette copain qu'on puisse rêver d'avoir, mon Ramone. J'ai beaucoup de chance de l'avoir près de moi. Il est le plus futé des 2, mon autre petit copain à 4 pattes se nomme Doum Doum, prénom fort peu littéraire qui lui convient parfaitement. C'est un gros petit clown, un peu tête heureuse, qui me fait cadeau des postures les plus comiques à longueur de jour. Il me parle aussi, de longues tirades qui atteignent parfois les 30 MIAOW consécutifs (si si, entre lui et moi, je MIAOW et il me réponds). Il est un peu jaloux de l'attention que je porte à son fréro ces derniers jours.

Ramone a l'habitude de s’éclipser quand l'autre déboule. De un il est plus petit, de deux, il ne fait pas de chichi à laisser sa place à la force brute en soudain mal d'affection. Il sait, Ramone possède un autre type d'intelligence. Il est confiant dans ses rapports avec les humains, ne doute pas qu'on l'aime. Mon petit pote...Comme je t'aime et suis désolée que la maladie te frappe. Comme j'apprécie ta confiance, l'heure des pilules se passe sans trop de heurts puisque tu sais. Tu sais que je t'aime et ce nouveau rituel étrange est toujours suivi de bisous et de toute la tendresse que je peux mettre dans mes gestes, sans trop te serrer, sans trop déranger cette tumeur qui te pousse dans le ventre. C'est tellement random...Il y a toujours un temps de colère, conspuer cette même vie qui nous fait cadeau de l'amour et qui nous le reprends. Chaque rencontre est irremplaçable. Il y a la réalité de l'amour, et celle de la nature, la nature moléculaire, mathématique, absolue. Celle devant qui je m'agenouille en pleurant.