lundi 30 novembre 2009

Oh, trompeuse vision ce matin d'une saison séraphique. Velours blanc accroché aux saillies des choses, la nature se déguise, arbre blanc, jardin blanc, clôture blanche. C'est joli et déjà cela fond, tout est mouillé et froid.

Ramone m'a roulé ses yeux d'incompréhension ce matin, une patte suspendue dans un geste familier, il ne descend pas l'escalier menant à la cours..."c'est quoi ça?" qu'il semble dire de ses yeux d'or..."enlève moi ça tu'suite, c'est froid, ça mouille, j'aime pas ça.".

Attache ta tuque en poil mon mine, ça commence à peine...Courage, le printemps reviendra.

vendredi 27 novembre 2009

Un jeune érable rebelle pousse entre les escaliers qui mènent au 2e étage. Ce futur tronçonné me fait écran de sa verdure de la fin du printemps à l'automne, pendant ces saisons, je vis dans un arbre. Alors qu'à mon Mac je m'émerveille ou m'énerve, le microcosme de l'arbre change sans arrêt.

Tourbillon d'écureuils enjoués, sonate d'oiseaux divers, pas d'exotisme dans mon arbre, que des petites bêtes grises et tout en bas de l'échelle du panache.

Les feuilles se sont envolées, les oiseaux sont ailleurs, les ramures dénudées griffent un ciel gris aujourd'hui. C'est un peu triste, sans appel. Le cyclope au coeur d'or a perdu la voix et pleure sans bruit. Sa solitude lui est soudain insupportable.

vendredi 20 novembre 2009

Je suis bien.
Calme et ravie de ce qui m'entoure.
C'est rare.

jeudi 19 novembre 2009

En attendant mon marseillais de Guigui, guitariste et parolier de poulailler. Son crû:

"Dang ton cug, bieng profong, je la met bieng au fong."
(Fallait y être, chansonnette composée dans le sudeuh deuh marseille qui restera dans les anales de nos soirs de studio).

C'est bong être cong!

Let's go Guigui, arrive!

mercredi 18 novembre 2009

Arianne est repartie chez elle hier matin, tourbillon bleaché, un pied chez les enfants et l'autre chez les grands. Ciao puce. Vieillit pas trop vite surtout.

Et pis v'là, j'ai le coeur gros ce matin. Mélancolie d'un jour froid...les 2 pieds devant la tombe d'une amour morte, toute petite et blanche comme ces pierres d'enfants. Un an et demi...j'ai jamais traîné le deuil aussi longtemps. C'est cyclique, une maladie mentale, un vertige et un vide trop grand. Un gouffre.

Je laisse ce train fantôme de couteaux me traverser, début-milieu-fin, bad-trip linéaire. Je m'emeut de la force de mes émotions. Cibole, de quoi à faire avec ça je crois!



"People tell me it's a sin
To know and feel too much within.
I still believe she was my twin, but I lost the ring.
She was born in spring, but I was born too late
Blame it on a simple twist of fate."

lundi 16 novembre 2009

Hey Monique,
un mois et demi que t'es partie, pis, la vie? je pense à toi par bourrasques, parfois frissonnantes, souvent douces. Une pluie de gants magiques, de parapluies, de paquets de kleenex, toutes ces petites choses qu'au fil d'une vie tu m'as fourré dans les mains, que j'aie pas froid ou faim, ces choses que je perds ponctuellement.

Les vieilles pierres opèrent-elles encore leur magie sur toi? est-ce que la beauté des vieux pays t'apaise? je m'ennuie de tes yeux verts, enjoués, tellement curieux. J'ai toujours vu la petite fille que t'as été. Quel salaud ton père.

Dans les derniers quatre ans, une seule fois qu'on a pas attendu que l'une ou l'autre soit dans son bus. Petit jeu, on se cherche du regard et on s'envoie la main, l'air demeurées toutes les deux et on s'en fout. Une façon de mettre un sourire à la fin de nos soupers houleux. Ah ça, on en a eut de la houle hein? du gros grain de sel dans l'oeuil même même..Tête de pioche, je suis tellement ta fille.

Cette fois là, t'avais dépassé mes limites, train-vapeur, et je m'étais éjectée de la situation en marchant très vite sans me retourner...me rappèle quelqu'un ça...nyway. J'avais pas fait 5 rues que déjà je m'en voulais à mort. Trop tard, tes critiques et ma fuite avaient eu raison de la fille brillante, j'ai roulé la merde jusqu'à la maison lui donner une douche de gros rouge. Bien que ce soit notre activité la plus régulière ensemble, se crêper le chignon, je t'avoue n'y trouver aucun plaisir...it's getting reeealy old.

Tout t'isole de plus en plus, la surdité, l'âge, les intérêts et occupations...égoïstement, j'espère que t'as encore du plaisir sur c'te foutue planète, que la suite se profile harmonieusement, je veux pas te perdre. Est-ce que j'ai été néfaste à ton cheminement, parfois t'en a émis le doute, mais c'est de la rhétorique ça hein? j'y peux rien à ça.

J'essaie d'être heureuse ici-bas. Vraiment. Contrer ma paresse, oublier ceux qui m'ont fait mal, apprécier la bonté et la beauté qui existent. Mon coeur est un violoncelle.

vendredi 13 novembre 2009


GIMME A T !
Tentation, tourment, tour de garde, trop plein de toute
GIMME AN O !
Osti, osti osti.
GIMME AN R !
Rêve, regard, rapace, rouspète et rousse
GIMME ANOTHER FUCKING T !
Tangible, toupie, transe, ternaire
GIMME AN I !
Icare, ivre, illico, illusion, ici
GIMME A C !
Croire, crever, cernes, calme, colère
GIMME A GOD DAMN O!
Obligations, oreille, omnivore, oubli oubli oubli
GIMME AN L !
Lire, lever, lotus, languir
GIMME AN I !
I I captain, idole, idiot, incongru, imbuvable, impossible

WHAT DO YOU GET?

mercredi 11 novembre 2009

lundi 9 novembre 2009

Je sors du ring de la nuit avec quelques bosses et un mal de tête carabiné. Explications plausibles pour ces douleurs articulaires et musculaires qui m'ont tenue bien éveillée et gémissante:
1- empoisonnement...
2- grippe musculaire (whatever the fuck that means)
3- grippe R2D2
4- empoisonnement

En tout cas, ça faisait un mal de chien. Étendue, la douleur se concentrait au bas de mon dos, aux hanches, dans les genoux...n'y tenant plus, fallait que je me lève aux 20 minutes, histoire de faire exploser ma tête un peu, la nuque raide et doublée de volume, une migraine à foutre le mal de coeur. Alors je me recouchais, regémissait, sanglots de frustration sans larmes.

Je suis descendue à la cuisine vers 8h30, une veste de laine enroulée autour de la tête, des leggings sans pieds dans les pieds, les orteils cocasses, frissonnante, à bout, j'ai pris 3 Tylenoles. Des extra-full load. Ma coloc avait une passe Halloweenesque dans les cheveux, un loup qu'elle dit, mais ça a l'air d'oreilles de chat (trop rapprochées pour un canin)...Alors avec ses grandes oreilles de chat, ses bons yeux bleus pleins de compassion, elle me propose un massage avec le truc chinois en bois à 4 boule, ça ressemble à une molécule à 4 branches. C'est magique ce truc, ça marche!...I surendered...trop de douleur en peu d'heures...

Voilà, j'ai dormi un peu, j'y retourne bientôt...j'appréhende la prochaine nuit...puisse-t-elle être plus accueillante.

mercredi 4 novembre 2009

Ouf! 2 jours et j'étais mortadelle, caput, out of order...Je ne m'attendais pas à ça, être aussi fatiguée à garder la floune ado de mon amie.

Déjà de se lever, à 7h, une heure avant mon réveil habituel, tout même fort acceptable (je trouve) pour une travailleuse autonome. Lundi matin, j'ai fait le trajet de bus avec Titine, qu'elle se sente pas perdue. Lundi 13h15 un coup de barre phénoménal m'est tombé dessus. Y'a eu d'autres transports et allez-retour ce jour-là, calvaire, non-stop, brûlée raide.

Mardi matin, faut que j'me pointe avec la jeune à son école, because madame s'est fait suspendre (injustement) pour avoir été prise dans une esclandre de corridor avec 2 bullys notoires (2 filles toughs). La puce tremblait sur le banc de bois avant de rencontrer son directeur de niveau, un type fort sympa qui nous a rassurées toutes les 2. Les bad-girls sont connues et on croit Puce sur le champs quand elle narre son histoire. Mais bon, re-retour à la maison, re-coup de barre, au moins hier soir elle dormait chez elle.

S'il me restait des illusions sur ma capacité d'être mère, à l'âge où je suis rendue, elles se sont évanouies en 48 heures. Petit deuil, mais aussi grande joie d'être libre de mes mouvements. Quand ma chum me disait "Hey merci beaucoup, y'a pas de mots..." je comprends pas mal mieux. Mets-en J. y'a de quoi, y'a de quoi!

lundi 2 novembre 2009

Ça y est, premier lever avec la fillotte, solidaire j'ai fait le trajet de bus avec elle pour l'école. 11 minutes bien comptées. Ouf! elle aime bien snoozer, encore faut-il s'y prendre à la bonne heure! je lui ai imprimé une carte de notre quartier et du sien, avec des petits marqueurs pour la rassurer, je lui ai remis ça en caquetant...bé oui, suis full poule mama...j'ai le droit, j'en aurai jamais à moi une bibitte de même...

14 ans...j'ai le vertige...elle attends tellement de la vie, elle pressent de grandes aventures. Belle Arianne, si longue, si pâle, une Sylvidre d'Albator. L'éternité devant elle.