Schizophrénie, alzheimer, cancer, glaucomes, surdité, diabète. Une courte liste de surprises de la vie, je n'ai pas à regarder bien loin, les mères de mes amies, la mienne, voilà les monstres de la forêt qui vous guettent. Les monstres contre qui on est sans défense.
Qui sait jusqu'où la mienne serait allée, si ça n'avait été de cette aventure européenne, ce monsieur qui avait 2 fois son âge, cette passion de 2 ans qui devait laisser la trace qui vous écrit. Elle avait déjà réalisé bien plus que ce que son époque attendait d'elle, obtenant un contrat de 3 ans pour enseigner en Europe aux enfants des militaires sur les bases de l'OTAN. 23 ans. Elle enseignait et vivait en Allemagne à 23 ans. Petite femme superbe, blonde aux yeux verts, native d'une campagne au Québec où tout la prédisposait à l’embonpoint et à la portée nombreuse. Son ressort: une adolescence brisée par un père alcoolique et une mère schizophrène. Catapulte puissante. Les livres, la littérature, tout ce qui parlait d'ailleurs, de pensée, la petite fille de Granby rêvait d’Europe comme de la terre promise. Le continent ne l'a pas déçue.
Malgré l'enfant, jamais elle n'a arrêté de se construire, de se reconstruire, car il faut une vie pour refaire ce qu'un amour bafoué a détruit. Des histoires d'amour au 4 coins de la terre, Palestine, Cuba, France, Espagne. Ma mère parlait de ses amours comme de causes révolutionnaires. Et moi, crapaud, j'aurais donc voulu qu'on soit comme tout le monde. L'école, le contact des autres enfants, exacerbait ma perception de nos différences. Un rouleau compresseur du caractère distinct, l'école. Ça fait de belles crêpes, bien plates.
Un jour, j'écrirai l'histoire de ma petite révolutionnaire. Elle est toujours de ce monde, elle quitte bientôt pour 6 mois en Europe, elle se porte bien. Sauf pour ces maux de têtes violents qui sont apparus cet été et ça, ça m'inquiète à m'en éveiller la nuit, je manque de souffle. Fille unique, mère unique (en criss) as tu pensé en me mettant au monde qu'un jour tu me laisserais seule ici?
"Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais..." J'ai eu en spectacle la curiosité et la bougeotte de ma mère, un certain esprit romanesque aussi, ma mère a absolument réussi l'enfant. Le désarrois est d'autant plus grand devant mes traits qui se creusent, ses maux de têtes violents, le manque d'envergure et d'idéal ambiant. L'hiver est à nos portes.
S'abonner à :
Publier des commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Publier un commentaire