jeudi 29 mars 2012

Étrange, le deuil. Ça revient vous surprendre au tournant de l'insomnie, une détresse profonde, un manque, ce soir j'erre dans ma maison en prenant soin de marcher sur la pointe des pieds...On dort ici, c'est que.

Mon Ramone des derniers jours, lové dans ton corps malade, jusqu'à la fin tu es resté parmi nous, me démontrant jour après jour ta confiance. D'autres se seraient cachés pour souffrir penauds, pas toi. Ce soir la maison est pleine de tes silhouettes qui se couchait ici, s'étirait là...Tu t'endormais sur mes cuisses, si bien disposé - savamment - que tu ne pesait presque plus rien...Combien de temps a pris ce damné cancer à évoluer autant...Mon chat prescient, pardonne moi de t'avoir quitté juste avant l'injection, j'ai hurlé ta mort dans la bagnole, j'ai hurlé ma défaite, mon amour majeur, notre amitié jusqu'à la fin...

Les jours se remplissent de ce que j'y mets, du travail, des tâches routinières. Et puis tout à coup, je pense à toi, l'amour et la peine se livre une bataille et souvent (pardonne moi) c'est la noirceur qui l'emporte. Je veux penser à toi et sourire, on a été si proches. Mais ma douleur résiste, je me sens obscurément coupable de t'avoir mené à ta mort, dans une clinique laide, de la main d'un type qui finissait sa journée et voulait surement rentrer chez lui. On doit pas embêter les gens avec ça, les fantômes sont trop sacrés pour les éclairer de platitudes. Aimer beaucoup, souffrir beaucoup. Tu me manque.

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