Je marchais droit, je faisais ce qu'il y avait à faire, je ne demandais rien à personne et j'espérais la réciproque, qu'on me laisse tranquille. À mon affaire, pas vraiment heureuse ni malheureuse, juste un peu déçue de la fadeur des jours, de leur ennui.
BAh quelques détails qui me laissait pensive et aux portes de quelque-chose que je pressentais grand...le dessin que faisait une plante dans la lumière d'avant-midi, quelque-chose de sauvage et beau, qui m'emplissait de joie ...
Parfois, avec certaines personnes dont je pouvais scruter le fond des yeux, des interactions plus ou moins durables...plutôt moins que plus, puisque me voici complètement seule "again". Un coup de chaleur d'automne, impromtu, délicieux, j'étais sur la terrasse à respirer les yeux clos, tournée vers la lumière.
FrrrrrrrffFFFFfrrrrrr...les oiseaux dans la cour. Les yeux fermés, j'ai fait une coupe avec mes mains...je ne saurai jamais pourquoi j'ai fait ce geste à ce moment, pour capturer un peu de soleil liquide dans mes mains fatiguées? FFFRrrrrrrfffFFFFFRrrrrr, quelque-chose de petit, de chaud, en frémissant de vie s'est posé dans mes mains. J'ai cligné des yeux, immobile et fascinée, avec la peur de faire fuir cet étrange oiseau, un étourneau, petit et pas particulièrement beau, un air fâché. Il a tourné sa tête vers moi, on s'est scruté mutuellement. Le moment était si bizarre, inespéré, j'avais la conviction qu'au terme de cette solitude j'étais devenue un refuge d'oiseau, une vieille fille Dolittle, une madame bizarre au bout de la rue. J'allais devenir quelqu'un grâce à ce petit squatter ailé. Je le nommai Icare.
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