J'ai piqué la patte de loup d'un indien saoul à Vancouver. Un sioux saoul.
Drôle de porte bonheur. La taxidermie venait à l'esprit quand on touchait la dureté des saillies sous le poil rèche et fade. Les griffes avaient la masse de canines humaines.
Il est atterrit par hasard dans cette maison de poupée folle, découpée en chambres avec toilette aux étages, 2 étages...Venu visiter un ami, qui était mort ou en prison, il se rive le nez en ce vendredi soir sur une porte condamnée. Un gros X de bois country de bord en bord de la porte. On l'entendait cogner quand même, et on riait parce-que c'était un peu con de frapper à une porte avec des sceaux de police dessus. J'ai ouvert, fouine insatiable. Un indien, plutôt petit et trapu, d'une largeur impressionante s'est retourné vers moi. Il avait des traits racés, marqués: des yeux de faucon, un nez long et arqué, la bouche large, de longs cheveux de corbeau. De sa voix profonde il m'a demandé si je savais où était son ami. J'lui ai dis que non, que ça faisait 2 semaines qu'on était installés et que les sceaux y étaient. Il a rit, a dit qu'on devait être mal pris pour louer dans un trou pareil. Je l'ai invité à entrer en riant aussi. On a eu une soirée cool à boire du houblon avec lui.
Puis il a essayé de me plotter entre 2 tours aux toilettes. Mauvaise idée. Esti.
Après l'incident du corridor, on est retourné dans la chambre. Billy ,innocent, ne saura jamais à propos du plottage. On a bu tout ce qu'on avait: une 24 canettes de Beer Beer jaune (générique avec un coeur rouge). L'indien me lorgnait discrètement à la barbe de mon copain. Lui était déjà passablement émèché, saoulé de sa propre voix il ne voyait pas le manège de Gary le Sioux. Billy s'est endormi de travers sur le divan-lit, d'un sommeil résistant aux sirènes de police qui hurlaient régulièrement.
J'ai proposé à Gary d'aller marcher le long de la Baie des Anglais, en bas de la rue. Je connaissais un petit resto à pizza qui était en fait une couverture pour un "liquor store" clandestin. Le patron venait de Montréal, il m'aimait bien et on se lâchait de retentissants "Tabarnak" quand on se croisait. Sur le chemin de la Baie, je me suis donc arrêtée derrière le commerce et j'ai frappé à la porte de service sur le côté, 3 petits coups, 2 plus espacés avec la paume ouverte, puis encore 4 petits. Mon code. Comme dans les films noirs, un juda coulissant a percé la porte d'un carré de lumière. J'ai vu l'oeuil de Maurice jauger son bout de ruelle..."Tabarnak ? " "Tabarnak ! ".
En une seconde il nous a fait entrer sur le palier de l'escalier menant à la cave. "Lui, il reste ici." Maurice a fait un fait un signe de tête brusque (qui lui fit tressauter le toupet) vers son armoire à glace. Le bodygard s'est approché du coin où se tenait le sioux et, nonchalant, s'est appuyé sur un mur, bloquant tout mouvement de fuite de Gary. "I'll be back in a sec. man, wait here." Maurice et moi on est descendus à la cave. Je savais ce que je venais chercher.
5 minutes plus tard nous repartions. L'indien m'en voulait un peu pour la douche de testostérone, mais la vue de la bouteille que j'enfonçait dans mon sac lui remis le sourire aux lèvres. Je peinais à marcher en me tortillant pour me dégager de ses mains balladeuses...attends un peu mon criss, attends qu'on soit rendu à mon spot. Connard.
Maurice m'avais promis qu'après quelque gorgées je serais débarassée de mon problème. Arrivée près du vieil arbre sur la baie, j'ai invité Gary à s'assoir et lui ai tendu l'alcool. Il but gouluement le Southern Comfort que je lui offrais. Il devenait vulgaire, "I'm gonna fuck you good, little white whore..." c'est ça cromo, bois.
Il m'a regardé d'un drôle d'air, ses yeux se sont voilés comme ceux des animaux qui meurent. Il s'est affaissé de côté, complètement out. Je lui ai défait sa ceinture, ôté ses pantalons. J'ai hésité, pas longtemps, avant de lui ôter aussi ses sous-vêtements "...fuck you good...white whore" Exit chemise. Je lui ai laissé ses bas et ses souliers. L'air d'un con total. La noblesse de ses longs cheveux noir jaie fracassée par le triste spectacle de son derrière pâle et poilu, ses petites couilles mauves et ratatinées, sa bite flasque. C'est lui qui avait commencé, n'avait qu'à rester à sa place. Marre de marre des abus, depuis quelques temps, je m'étais promis de me défendre. Ma vengeance était bien soft ce soir.
Je roulais en boule ses vêtements en m'approchant de l'eau. C'est là que j'ai senti cette forme dure dans une des poches de son pantalon. Une patte de loup.
